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ISMÈNE TOUSSAINT

« SUR LES TRACES DE GABRIELLE ROY », PAR CARMEN MONTESSUIT, LE JOURNAL DE MONTRÉAL (1999)

Carmen Montessuit

SUR LES TRACES DE GABRIELLE ROY

PAR CARMEN MONTESSUIT, LE JOURNAL DE MONTRÉAL (21 FÉVRIER 1999)

Ismène Toussaint est l'auteur de Les Chemins secrets de Gabrielle Roy (Stanké) et le sous-titre de ce livre, Témoins d'occasions, est tout à fait de circonstance.

Ce livre est uniquement composé de témoignages et relève beaucoup du reportage journalistique. Et en ce sens, elle a effectué un travail de Titan, en partant à la recherche de tous les gens que Gabrielle Roy a côtoyés.

À L'ORIGINE D'UNE PASSION

Ismène Toussaint a rencontré l'oœvre de Gabrielle Roy lorsqu'elle était à l'université, en France. « J'ai suivi un cours de littérature canadienne-française et j'ai connu Gabrielle Roy à travers ce cours. »

Le déclencheur de tout fut sa lecture du roman La Montagne secrète. À tel point qu'elle a passé un concours de recherches et obtenu des bourses pour aller au Canada.

« Je suis allée au Manitoba, au cœur des racines de Gabrielle Roy. J'ai d'abord préparé une thèse et j'ai eu envie de découvrir la femme et l'être humain. Il fallait que je fasse quelque chose sur elle, c'est comme une force qui me poussait. »

Elle est donc partie en quête de tous les gens qui auraient pu la connaître, certains même plus ou moins bien. Beaucoup d'ailleurs sont morts entre le début de la rédaction de son livre et la fin.

« Ça été des rencontres fantastiques et chaque personne était une nouvelle émotion pour moi. »

Remarquez qu'il y a tout de même beaucoup de monde dans son livre ! Elle a même retrouvé les personnages de romans dont elle s'était inspirée. « J'ai eu l'impression de la connaître mieux, mais elle reste toujours un mystère. »

LE MARI

Elle devait rencontrer le mari de Gabrielle Roy mais il est mort avant qu'elle ne puisse le faire. Elle a toutefois plusieurs témoignages sur lui.

« C'est un homme qui avait besoin d'argent pour finir ses études de médecine et certaines personnes m'ont dit qu'il avait épousé Gabriele Roy pour son argent. »

Le mariage a quand même duré jusqu'à la fin de leur vie. « Je pense qu'ils avaient une grande complicité intellectuelle, mais elle a quand même dit à la fin de sa vie que  si ça avait été maintenant, elle aurait divorcé. »

LE MANITOBA

Ismène Toussaint devait rester six mois au Manitoba.

Elle a tellement aimé cette province qu'elle y est restée quatre ans. Elle en parle d'ailleurs avec nostalgie.

« J'ai travaillé ; j'ai fait un petit peu tous les métiers qui tournent autour de la littérature : réviseur, traducteur. »

Et puis elle est retournée en France, a repris son métier de journaliste et a commencé la rédaction de son livre.

Elle est à Montréal depuis octobre et, pour l'instant, elle prolonge son séjour parmi nous.

Mais on sent qu'elle est toujours autant attirée par le Manitoba. Pour un prochain livre, elle pense à Louis Riel.

Son histoire m'a beaucoup bouleversée. Pour moi, il est encore le symbole  des minorités opprimées. C'est la défense du français des Franco-manitobains. Je les aime beaucoup et je leur ai dédié le livre. »

Article paru dans Le Journal de Montréal, vol. 35, n° 248, 21 février 1999.

 

 

 

© Carmen Montessuit - Le Journal de Montréal -


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