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ISMÈNE TOUSSAINT

« LARRY ROBINSON, LA PLUS BELLE ÉTOILE DU HOCKEY », PAR ISMÈNE TOUSSAINT, EXTRAIT D'UN CARNET DE L'AUTEURE (1994)

                                                                            

               LARRY ROBINSON, LA PLUS BELLE ÉTOILE DU HOCKEY

        PAR ISMÈNE TOUSSAINT (EXTRAIT D'UN CARNET DE L'AUTEURE, 1994)

Le 2 mai 1990, je rencontrai pour la première fois le hockeyeur Larry Robinson, venu se mesurer à l'équipe des Jets de Winnipeg. Ce défenseur est l'un des seuls joueurs anglophones qui ait fait le premier pas vers notre bien-aimée langue française, à une époque où les tensions linguistiques étaient encore très vives au Canada.

Pour moi, Larry Robinson est la plus belle Étoile du hockey qui ait rayonné l'espace d'un soir, noire dans un ciel de glace... En un éclair, l'imposante stature, la chevelure flamboyante, le regard impérieux et le nez aquilin ressuscitèrent l'image du Roi Arthur, ce héros de légende breton qui aurait troqué son épée de feu contre un bâton de hockey. Jointe à une humilité, une franchise et une courtoisie de bon aloi, la personnalité lumineuse du patineur acheva de me conforter dans cette impression d'un chevalier égaré en plein XXe siècle...

De l'étang gelé de Marvelville jusqu'à la patinoire des Kings de Los Angeles, en passant par les différents clubs locaux, que de chemin parcouru par cet Ontarien de souche irlandaise, né en 1951 et passé maître dans l'art du « placage » à l'âge de vingt ans !

Choisie en 1971 par les prestigieux Canadiens de Montréal, cette force de la nature s'imposera pendant vingt-et-une saisons par un style de défense offfensive inédit dans le monde du hockey, par son esprit de défi et de compétitivité, et par une  rapidité et une endurance exceptionnelles qui n'excluront toutefois ni les défauts ni les faiblesses ni une certaine irrégularité en matière de jeu.

On ne compte plus les trophées venus récompenser les prouesses du numéro 19 qui, de 1973 à 1986, contribua à rapporter six Coupes Stanley à son équipe. Et en 1989, si Larry Robinson choisit de signer un contrat avec les Kings de Los Angeles, ce n'est certes pas par vil appât du gain, comme une certaine presse s'acharna à nous le faire croire, mais parce qu'il ne se sentait « plus reconnu à sa juste valeur » !

Suprême revanche, le nom de celui pour qui « l'amour du jeu » constitue avant tout « l'essence » du hockeyeur, s'inscrit aujourd'hui en lettres immortelles au fronton du Temple de la Renommée, à Toronto. Le noir météore qui traversa, un soir d'hiver, le ciel de givre winnipegois, n'est-il pas en effet le joueur qui participa au plus grand nombre de « Matchs des Étoiles » dans toute l'histoire du Hockey?

 

 

 

 

 

 

 

© Ismène Toussaint -
Photo et illustration : fr.123.rf.com - notrehistoire.canadien.com - kings.lnh.com -


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