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ISMÈNE TOUSSAINT

« PIERRE FALCON (1793-1876), DIT « PIERRICHE », POÈTE ET CHANSONNIER MÉTIS », PAR ISMÈNE TOUSSAINT, L'ENCYCLOPÉDIE DU CANADA (ÉDITIONS STANKÉ, MONTRÉAL, 2000)


Le barde métis Pierre Falcon
 

PIERRE FALCON (1793-1876), DIT « PIERRICHE », POÈTE ET CHANSONNIER MÉTIS

PAR ISMÈNE TOUSSAINT, L'ENCYCLOPÉDIE DU CANADA (2000)

Fils d'un commerçant de fourrures picard et d'une Indienne, ce Métis reçoit du premier, son don de chanteur, de la seconde, son don de conteur. Né à Fort-au-Coudre, près de Swan River (colonie de la rivière Rouge, future province du Manitoba), il est envoyé dès l'âge de cinq ans chez un oncle, à Lacadie (Bas-Canada), pour parfaire son instruction. De retour à la rivière Rouge dix ans plus tard, il se lance à son tour dans la traite des fourrures pour le compte de la Compagnie du Nord-Ouest, qui fusionnera en 1821 avec celle de la Baie d'Hudson.

En 1812, il se marie avec la sœur de Cuthbert Grant, lequel se distinguera lors de la célèbre Bataille des Sept Chênes (19 juin 1816) opposant les Métis et les Britanniques. La victoire des premiers, surnommés les « Bois Brûlés », lui inspire son premier chant, la Chanson de la Grenouillère – du nom du marais où se déroula l'incident – qui deviendra l'hymne national métis. Ainsi la poésie orale naît-elle officiellement dans l'Ouest canadien.

En 1824, il acquiert un domaine à Grantown (même région) et participe à la chasse au bison. Il deviendra l'un des plus gros éleveurs et propriétaires terriens de la région et achèvera sa carrière comme juge de paix dans le district du Cheval Blanc (même région).

Tout au long de sa vie, cet homme pieux, discret, animé d'un fort sentiment patriotique et nanti d'un bon brin d'humour, ne cessera de narguer les Anglais par la composition de chants « dérangeants », d'une ironie parfois grinçante, destinés autant à exhorter le peuple métis à la fierté nationale qu'à tourner l'ennemi en ridicule. Malheureusement, seuls quelques-uns d'entre eux sont parvenus jusqu'à nous : Le Bal à Fort William ou La Danse des Bois Brûlés (1816), La Ballade du Général Dickson (1837), Les Tribulations d'un roi malheureux (1869).

Célébrant sur des rythmes populaires les hauts faits des héros maltraités de la rivière Rouge, cette poésie de résistance – dont Louis Riel sera le plus digne continuateur – mérite de passer à la postérité à la fois comme « expression de l'identité métisse et témoignage de l'histoire d'un des peuples fondateurs de la province du Manitoba » (Tatiana Arcand : « Pierre Falcon, chantre de la Rivière Rouge » dans Anthologie de la Poésie franco-manitobaine, Éditions du Blé, Saint-Boniface, Manitoba, 1990). 

 

 

© Ismène Toussaint - L'Encyclopédie du Canada 2000 -
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