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ISMÈNE TOUSSAINT

« GEORGES FOREST (1924-1990) OU MOURIR POUR LA LANGUE FRANÇAISE », PAR ISMÈNE TOUSSAINT, L'ENCYCLOPÉDIE DU CANADA (ÉDITIONS STANKÉ, MONTRÉAL, 2000)


Georges Forest
 

                      GEORGES FOREST (1924-1990) OU MOURIR POUR LA LANGUE FRANÇAISE

                                              PAR ISMÈNE TOUSSAINT, L'ENCYCLOPÉDIE DU CANADA (2000)

Homme politique et patriote métis canadien-français. Né à La Salle (Manitoba), il grandit sur une ferme, dans une atmosphère pénétrée des valeurs chrétiennes traditionnelles et du respect de l’Histoire : jamais il n’oublia que sa grand-mère avait caché, dans les années 1870, le grand chef métis Louis Riel (1844-1885), poursuivi par les orangistes.

Fortement enraciné dans la communauté franco-manitobaine, soucieux de son développement économique et révolté contre les injustices que le gouvernement provincial lui fait subir, Georges Forest fonde, en 1948, une agence d’assurances dont il assumera la présidence et la direction jusqu’à sa mort.

De 1959 à 1971, il lutte avec acharnement contre le Metropolitan Corporation of Greater Winnipeg qui planifie le développement de la capitale anglophone par l'annexion de Saint-Boniface, « bastion et symbole de la vie française au Manitoba » – selon ses propres termes. Candidat défait à la mairie (1968), il poursuit néanmoins son action qui se solde, malheureusement, par un échec : la même année, par la faute des francophones eux-mêmes, Saint-Boniface perd son statut de ville indépendante.

Cofondateur du Festival du Voyageur en 1969, Georges Forest en devient le premier Voyageur officiel l’année suivante et perpétue activement les traditions des premiers pionniers et coureurs de bois francophones au pays.

En mars 1975, il refuse d'acquitter une contravention unilingue anglaise et porte l'affaire jusqu'en Cour. Celle-ci connaît un retentissement tel que, le 13 décembre 1979, la Cour suprême du Canada déclare inconstitutionnelle la Loi Greenway de 1890 qui faisait de l'anglais la seule langue officielle de la province. Ce sera la plus belle victoire du Franco-Manitobain.

Avocat idéaliste et passionné par la cause de l'Ouest francophone, Georges Forest a combattu jusqu'à l'épuisement pour faire triompher sa vision d'un Canada plus juste, bilingue, multiculturel ; pour sauvegarder la mémoire des peuples fondateurs du pays (Autochtones, Métis, Canadiens-Français) ; pour libérer le peuple franco-manitobain qui ne le reconnut pas de son vivant et commence seulement aujourd'hui à faire valoir ses mérites.

Digne fils spirituel de Louis Riel, il est représenté en tenue de voyageur sur un panneau du boulevard Lagimodière, baptisé ainsi en souvenir de Jean-Baptiste Lagimodière (1778-1855), premier pionnier de l'Ouest et grand-père du chef métis. Une rue porte également son nom. Marié à Anita L’Heureux, arrière-petite-cousine de Louis Riel, Georges Forest était père de huit enfants, dont l’aîné, Claude, fut président de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba à la fin des années 1990.

 

 

 

© Ismène Toussaint - L'Encyclopédie du Canada 2000 -
Photo : Société historique de Saint-Boniface -


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