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ISMÈNE TOUSSAINT

« QUELQUES SOLEILS COUCHANTS », EXTRAITS D'UN CARNET D'ISMÈNE TOUSSAINT (AOÛT 1977)


© Weoneart

                                                           QUELQUES SOLEILS COUCHANTS

                                      EXTRAITS D'UN CARNET D'ISMÈNE TOUSSAINT (AOÛT 1977)

L'auteure effectua la description de ces quelques soleils couchants alors qu'elle séjournait dans un petit château situé dans les Côtes d'Armor, en Bretagne. Il ne s'agit pas d'un texte mais de plusieurs croquis, qui avaient été rapidement esquissés au fil des soirées. Le poète était un personnage imaginaire, inspiré d'un ami d'Ismène Toussaint, tandis que le chien était son setter anglais Nizard. Les deux dernières notes furent prises, quant à elles, depuis la fenêtre de sa chambre, chez ses parents, à Saint-Brieuc (même région).

* Le soir, le poète, mon chien à tête de chimère et moi contemplions par la fenêtre du château les flammes rouges et orange qui léchaient le ciel crépusculaire au-dessus de la cime étoilée des sapins hirsutes.

* Le croissant d'une lune précoce, molle et larmoyante, clignotait entre l'enchevêtrement sombre d'un sapin colossal. Au loin, de minuscules sapins se hérissaient sur les parures roses et bleues qu'un soleil fatigué avait abandonnées pour se coucher...

* ... un nuage affectant la forme d'un grand oiseau violet qui volait à tire-d'aile, bec en avant, vers son nid fait de nues évanescentes roses, orange et bleues, sous l'œil protecteur et amusé de la nuit (la lune) qui venait de s'ouvrir.

* Par la grande fenêtre du château, le ciel bénissait d'une étrange lumière crépusculaire le bureau où le poète et moi-même, plume à la main, penchions des yeux tristes et pleins d'amour sur notre feuille de papier. C'était la lumière des Poètes, la lumière qu'il nous fallait pour nous éclairer et pour pouvoir vibrer ! Au-dehors, les éclairs illuminaient le ciel de lueurs éblouissantes. Le demi-cercle d'arbres immobiles et transis s'estompait derrière un épais rideau de pluie, dessinant d'étranges profils sur les nuages gris-blanc. Le poète et moi levâmes alors les yeux et contemplâmes le spectacle de l'orage.

* Dans un ciel teinté d'une goutte de bleu, comme le sillage d'une soucoupe volante...
Un disque d'or sur une nappe de ciel orange étincelait de mille feux. Il y avait comme une estampe japonaise : des arbres d'une couleur irréelle dessinaient, sur un fond teinté d'une goutte de gris, leurs branches maîtresses sombres et des éventails de branches fines et tordues, à peine irisées des sept couleurs de l'arc-en-ciel.
Un oiseau passait...

* Le ciel s'est rayé de grosses bandes multicolores (rouge, mauve, orange, rose,  jaune nuancé de vert, jaune pâle, violet pâle, bleu au-dessus des toits) et les deux tours de l'église Saint-Michel se dorent dans le lointain. Toutes les couleurs se mêlent, tour à tour flamboyantes et plus foncées. Toujours le clocheton ciselé du séminaire et les arbres dénudés forment une estampe japonaise sur un ciel doré étincelant.

 

 

 

 

 

 

© Ismène Toussaint -


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