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ISMÈNE TOUSSAINT

« MAURICE CONSTANTIN-WEYER (1881-1964), GRAND PEINTRE DES ESPACES SAUVAGES CANADIENS », PAR ISMÈNE TOUSSAINT, L'ENCYCLOPÉDIE DU CANADA, ÉDITIONS STANKÉ, MONTRÉAL (2000)


Maurice Constantin-Weyer

MAURICE CONSTANTIN-WEYER, GRAND PEINTRE DES ESPACES SAUVAGES CANADIENS

PAR ISMÈNE TOUSSAINT, L'ENCYCLOPÉDIE DU CANADA (2000)

Constantin-Weyer, Maurice (1881-1964), écrivain. Né à Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne, centre de la France), au sein d'une famille bourgeoise, il effectue ses études à Langres (même région), à Paris, à Coblence (Allemagne), puis chez les jésuites d'Avignon (Provence), où il se découvre un vif intérêt pour les Lettres.

Après la mort de son père, grand blessé de la guerre de 1870, et l'obtention de son baccalauréat (équivalent de la graduation, 1897), il s'inscrit en sciences à la Sorbonne, mais doit abandonner ses études à cause de la ruine de sa mère. Il part alors effectuer son service militaire à Toul (Meurthe et Moselle, Est de la France), où il rencontre un officier qui lui vante les mérites du Canada. Après la publication d’un recueil de poèmes, Les Images (1902), il décide de tenter sa chance au Nouveau Monde.

En 1904, il s'établit sur une terre à Saint-Claude (Manitoba) et exerce tour à tour les métiers de fermier, cow-boy, trappeur, marchand de chevaux,  commis de magasin, journaliste, etc. Autant d'expériences qu'il transposera et embellira dans ses œuvres. En 1910, il épouse une Métisse, Dina Proulx, dont il aura trois enfants, mais la guerre de 1914-1918 le rappelle en France. Il s'y distingue héroïquement et reçoit plusieurs blessures (Médaille militaire, Croix de Guerre, 1916 ; Chevalier de la Légion d'Honneur, 1932). Apprenant que sa femme a rencontré un autre homme durant son absence, il se marie en 1920 avec son infirmière, Germaine Weyer – qui lui donnera son nom de plume et deux enfants.

À partir de 1921, il embrasse une carrière de journaliste-écrivain et devient chef de rédaction du journal Paris Centre, à Nevers (Nivernais, 1924), puis du Journal de l'Ouest et du Centre, à Poitiers (Poitou-Charente,1927). L'année suivante, il obtient le prix Goncourt pour son roman, Un Homme se penche sur son passé, qui raconte l'histoire, mi-fictive mi-autobiographique, d'un aventurier lancé à la poursuite de sa femme et de son amant dans le Grand Nord canadien, écho de sa déception amoureuse au Manitoba. Jusqu'à l'âge de soixante-dix-sept ans, il multiplie articles, romans, essais, pièces de théâtre, biographies historiques, traductions, inédits, etc. En 1931, il se retire à Orléans (région Centre), puis à Vichy (Allier, 1939). Après la mort de sa femme (1958), il vit entre Luxembourg et la capitale des eaux, où il s'éteint en partie des suites de ses blessures de guerre.

Dès ses débuts en littérature, Maurice Constantin Weyer avait choisi de mettre sa plume au service de l'Ouest du pays en brossant une série de « croquis » qui devaient constituer, à travers des études de mœurs, des descriptions de la nature et des souvenirs personnels, une « vaste fresque canadienne » : Vers l'Ouest (1921) ; Manitoba (1924) ; La Bourrasque (1925) ; Cinq éclats de silex  (1927) ; Cavelier de la Salle (1927) ; Clairière (1929), pour ne citer que les principaux. Ils seront suivis de romans ayant pour cadre le Grand Nord, tels Un Sourire dans la tempête (1934), savant mélange d'aventures, d'exotisme, de psychologie et de suspens.

Originale et inclassable, l'œuvre de Maurice Constantin Weyer révèle non seulement de remarquables dons de conteur, mais des qualités d'observateur clinique de la nature et des êtres, attentif à pénétrer « les secrets du rythme de la Vie et de la Mort » (Roger Motut : Maurice Constantin Weyer, écrivain de l'Ouest et du Grand Nord,  Éditions des Plaines, Saint-Boniface, Manitoba, 1982). Ses paysages, d'un réalisme poétique envoûtant, l'imposent comme le grand peintre des espaces sauvages de l'Ouest. Très apprécié par le grand public français de son époque, il est demeuré longtemps incompris par la critique canadienne qui ne lui pardonnait ni sa vision cruelle et manichéenne de la nature, ni ses portraits peu flatteurs et déformés des colons. Au Manitoba, il a laissé l'image d'un homme étrange, indépendant et misanthrope, peu porté sur les travaux de la terre. C'est qu'il préparait sans doute déjà l'ensemencement de sa terre intérieure...

Article repris en version bilingue dans Internet par Historica - L'Encyclopedie canadienne, http://www.encyclopediecanadienne.com ou http://www.the canadianencyclopedia.ca ; en version française dans Ismène Toussaint.com, 27 août 2014, http://www.ismenetoussaint.com/Article.php?article_id=199


 

 

 

 

 

 

 

 

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