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ISMÈNE TOUSSAINT

JANVIER 2016 : DANS LE DERNIER VOLET DE SA SÉRIE, « DES NOUVELLES D'UNE P'TITE VILLE », L'ÉCRIVAIN QUÉBÉCOIS MARIO HADE RACONTE LE DESTIN BOULEVERSANT D'UN HOMME : « JACQUES - 1970 »

                                                                                         

Bien qu'il soit le fils de l'infâme Émile Robichaud, Jacques a toujours été choyé par la vie. Le sachant brillant et curieux, chacun s'attendait à ce qu'il s'épanouisse sur tous les plans, contrairement à d'autres membres de son clan. À la fois carriériste et engagé, Jacques travaille pour une grande banque tout en s'indignant contre le capitalisme. Cette dualité fait sourciller certains de ses proches, notamment son frère Yvan, grâce à qui il a obtenu son poste. Influencé par Françoise, sa compagne de longue date, le jeune homme prendra la décision de retourner sur les bancs d'école et de balayer enfin la confusion qui entoure ses aspirations. Mais les Robichaud étant souvent victimes des coups du destin, Jacques sera-t-il le prochain à subir la malédiction familiale ?

Romancier, biographe, essayiste, Mario Hade, originaire de Granby (Estrie), connaît actuellement un immense succès avec ses séries Chroniques d'une p'tite ville et Des nouvelles d'une p'tite ville. Jacques-1970 est le dernier volet de cette dernière. Site de l'auteur : http://www.mariohade.com/


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IMPRESSIONS AU FIL DE LA PLUME

PAR ISMÈNE TOUSSAINT

UNE ÉPOQUE SOURIANTE... UN HOMME BRISÉ PAR LE DESTIN... UN ROMAN PROFONDÉMENT HUMAIN

Montréal, le 27 janvier 2016

Cher Mario Hade,

(...) J'ai lu votre roman, Jacques-1970, avec beaucoup de plaisir et d'intérêt. Les personnages sont réalistes et bien campés, les dialogues, à l'avenant, le récit, prenant, et le style, simple sans être simpliste, fluide et accessible au plus grand nombre. Autant de bons ingrédients qui en assurent évidemment le succès. Il a le mérite de restituer l'éclosion d'une certaine jeunesse en quête de liberté et d'expérimentations, une époque où, malgré d'inévitables difficultés, tout paraissait encore possible, et une page de l'histoire du Québec, qui était encore en marche et ne paraissait pas figée et à bout de souffle comme aujourd'hui. Le réveil a été difficile.

Pour moi, votre héros (ou plutôt anti-héros), Jacques, n'est pas un «paresseux» – tel que vous le décrivez parfois. Je le vois plutôt comme un jeune homme inadapté à la société de son temps, qui se cherche par le biais d'innombrables expériences et qui, désespérant de se trouver vraiment, malgré ses indéniables talents, se laisse porter par l'air du temps, emporter par des chimères, et finit par sombrer : son terrible accident de voiture, qui le rend dépendant aux drogues, n'arrangeant évidemment en rien son état. Il faut dire aussi, à son corps défendant, qu'il est en partie dominé par son épouse Françoise, qui, elle, a bien les pieds sur terre, et qui, en dépit de ses qualités de femme d'affaire et d'enseignante, est quand même un peu écrasante et malcommode. Victime aussi de son hérédité, qui en fait un petit frère malheureux de certains personnages d'Émile Zola.

Quoiqu'il en soit, le long portrait que vous en brossez  dans ce qu'on pourrait appeler la seconde partie du roman (après l'accident) et le récit de sa descente aux enfers, jusqu'à la déchéance et l'issue finales, sont très émouvants et même terriblement poignants, voire prégnants. On ne sort pas indemne de cette lecture car le personnage continue à nous hanter les jours suivants et bien au-delà. Au long de ces pages, j'ai senti bien souvent mon cœur se serrer, les larmes me monter aux yeux, et toutes sortes d'émotions me parcourir. Certains passages, surtout vers la fin, sont de ceux que j'aurais aimé présenter et expliquer à des étudiants d'université si j'avais eu la chance d'en avoir : ce sont de petits morceaux d'anthologie, même s'il s'agit de littérature populaire dans le bon sens du terme.

Comme tout le monde, j'imagine, j'ai connu de ces êtres brillants, riches de talents et de projets, au destin prometteur, mais qui, pour toutes sortes de raisons – parfois difficiles à comprendre – ont vu leurs rêves se briser ou qui, après s'être brûlé les ailes à tous les feux, ont fini cloués par la maladie ou la mort comme de fragiles papillons sur un mur. Et cela, même dans la fleur de l'âge. J'ai très hâte, à présent, de découvrir « l'infâme » Émile Robichaud, le père de Jacques, auquel vous faites allusion ça et là.

Recevez toutes mes félicitations et mes meilleurs encouragements pour votre prochain volume !

Confraternellement

Ismène Toussaint

Cette lettre a paru le 28 janvier 2016 sous le titre «Jacques : Les impressions au fil de la plume d'Ismène Toussaint», dans le site www.mariohade.com, catégorie «Rubriques»,
http://mariohade.com/jacques-les-impressions-au-fil-de-la-plume-dismene-toussaint/

 

 

 

 

 


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