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ISMÈNE TOUSSAINT

« LES PORTES DU COUVENT » DE LA ROMANCIÈRE QUÉBÉCOISE MARJOLAINE BOUCHARD SE REFERMENT SUR LE DESTIN BOULEVERSANT D'UNE JEUNE ORPHELINE... (LES ÉDITEURS RÉUNIS, 2016-2017)


Marjolaine Bouchard
© sagamie.org

LES PORTES DU COUVENT DE LA ROMANCIÈRE QUÉBÉCOISE MARJOLAINE BOUCHARD SE REFERMENT SUR LE DESTIN BOULEVERSANT D'UNE JEUNE ORPHELINE...

(LES ÉDITEURS RÉUNIS, 2016-2017)

En consacrant ses romans à des personnages emblématiques du Québec, Marjolaine Bouchard s’est acquis un large et fidèle lectorat : Alexis Le Trotteur ou les trois mourures du cheval du Nord, Le géant Beaupré, Lily St-Cyr : la fleur des effeuilleuses, Madame de Lorimier : un fantôme et son ombre (Les Éditeurs Réunis). Mais si cette sensible et rêveuse Saguenéenne, qui me fait songer à une « dame du temps jadis » échappée de quelque château médiéval, est une célébrité dans sa région, elle, en revanche, se perçoit seulement comme étant une «humble artisane». Le tissage n’est-il pas l’un de ses passe-temps favoris ? Je la tiens néanmoins pour une grande auteure, l’une des plus belles plumes du pays. Une borne commémorative de l’œuvre de cette ancienne conférencière et animatrice d’ateliers d’écriture devenue présidente de l’Association professionnelle des écrivains de la Sagamie (APES), figure d’ailleurs dans le circuit historique du Saguenay.

Il est difficile de définir l’écriture de Marjolaine Bouchard, originale et si personnelle : d’une précision d’orfèvre, à la fois riche et concise, forte et délicate, tendre et crue – lorsqu’elle aborde les dures réalités de la condition humaine  –, poétique et musicale, elle s'apparente au bruissement d’ailes d’un oiseau, au frémissement d'un feuillage, au chuchotis d'une rivière… Et quand on tente de saisir une phrase pour en capter l’essence ou pour la soumettre à l’analyse, celle-ci s’échappe pour mieux s’enrober de mystère.

Le même esprit de liberté et de « rébellion » caractérise l’héroïne, en partie imaginaire celle-ci, de sa série Les portes du couvent (Les Éditeurs Réunis). En 1946, après l’incendie de la ferme familiale qui a plongé sa mère dans le coma et dans lequel ont péri ses six sœurs, Flora Blackburn, âgée de cinq ans, est placée dans un orphelinat tenu par les sœurs du Bon-Conseil, au Cap-de-la-Baleine (région du Bas-Saint-Laurent). Pleine d’imagination, indépendante et déterminée à retrouver son frère aîné, qui avait promis de faire d’elle une artiste de cirque, elle va s’opposer tour à tour à la discipline austère de l’établissement, aux visites de son père, un ivrogne inconséquent, et à sa professeure de musique, la religieuse Irène, qui l’a prise sous son aile mais sur laquelle elle n’hésitera pas à faire courir une rumeur troublante. N’ayant trouvé de consolation à son infortune qu’auprès de sa cousine Jeanne, laquelle cache un lourd secret, et de son amie Simone, une jeune Amérindienne douée d’un étonnant pouvoir de divination, elle projette au bout de quelques années de s’enfuir du couvent. Parviendra-t-elle à retrouver son frère et surtout à réaliser les grands rêves qu’elle caresse ?

À l’inverse de nombreux auteurs, Marjolaine Bouchard ne reconstitue ni ne reconstruit une époque. Car le passé l’habite, coule et palpite naturellement dans ses veines. L’incarnant, en quelque sorte, il lui suffit de le faire revivre en puisant à sa source, comme si elle convoquait ses propres souvenirs et réminiscences. Ses descriptions de la vie conventuelle, rythmée par le travail, la prière, les facéties des orphelines et les mille petits faits du quotidien, l’évocation des tourments de sœur Irène, déchirée entre sa vocation religieuse et son amour pour le séduisant menuisier Maurice Pagé, et les lettres d’amour de ce dernier constituent de véritables morceaux d’anthologie. « Immergée » dans ses personnages, l'écrivaine scrute à la loupe leur paysage intérieur, attentive à restituer leur moindre état d’âme, geste, réaction, ce qui les rend profondément émouvants et familiers. En outre, sans jamais verser dans la bondieuserie ou dans un mysticisme inapproprié, les citations bibliques, les cantiques et les extraits de livres de sagesse et de règlements monacaux dont elle parsème sa narration, rehaussent l'atmosphère de recueillement qui imprègne le récit, tout en nous instruisant sur le fonctionnement des couvents dans les années 1940-1950 et sur l’éducation qu'on y dispensait.  Je lis et relis cette saga avec délectation, en attendant avec impatience, comme tous les lecteurs de Marjolaine Bouchard, la parution de son troisième tome, prévue pour le mois de février 2018.

Ismène Toussaint, Ph. D., auteure

 
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 1946. Flora Blackburn, une enfant de cinq ans à l'imagination fertile, est envoyée chez sa tante Blanche à la suite du feu qui a dévasté la ferme familiale. Elle se remet difficilement de cette tragédie qui a emporté ses six sœurs et son père.

Au couvent des Sœurs du Bon-Conseil où Blanche l'a inscrite, elle se démarque de sa cousine, la studieuse et orgueilleuse Jeanne. Si elle se forge une réputation de « tête brûlée » auprès des religieuses, la fillette trouve toutefois de fidèles alliées en sœur Irène, qui cultive son talent pour la musique, et en sa meilleure amie Simone, qui semble pourvue de dons de divination. 


Tandis que sœur Irène se prépare à prononcer ses voeux perpétuels et que son attachement particulier envers sa jeune protégée lui attire des reproches, Simone prédit qu'un des membres de la famille Blackburn viendra chercher Flora. S'agirait-il de son grand frère bien-aimé ou de sa mère, qui avaient tous deux quitté la maison avant la nuit fatidique ? Pour Flora, qui n'a plus rien à perdre, tous les espoirs sont permis…

Marjolaine Bouchard - Les Portes du couvent - tome 1 : Tête brûlée - Les Éditeurs Réunis - 315 p. -

 

 1949. Sœur Irène et Flora se retrouvent au couvent des Sœurs du Bon-Conseil dans des circonstances pour le moins dramatiques. Si la réconciliation s'opère lentement entre la religieuse et sa communauté, une histoire de lettres cachées puis détruites suscitera bientôt un nouveau malentendu, provoquant du coup la colère de Flora et son désir de vengeance. Toujours sans nouvelles d'un grand frère qu'elle espère plus que jamais retracer, déçue par un père irresponsable qui tente de la reprendre avec lui et guidée par les prédictions de Simone, Flora manigance une fugue.

Non sans avoir lancé au préalable une terrible rumeur à l'endroit de sœur Irène et de sa bonne amie sœur Adèle. Sa cousine Jeanne se décide à l'accompagner dans sa fuite, craignant que le lourd secret qu'elle dissimule ne soit dévoilé. Où ce projet mènera-t-il les deux couventines ? Victime de calomnie, sœur Irène pourra-t-elle maintenir son statut dans sa congrégation ? Tous ces tourments du cœur finiront-ils en tristes « amours empaillées » ?

Marjolaine Bouchard - Les Portes du couvent - tome 2 : Amours empaillées - Les Éditeurs Réunis - 315 p. -

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