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ISMÈNE TOUSSAINT

« HENRI BERGERON », PAR ISMÈNE TOUSSAINT, L'ENCYCLOPÉDIE DU CANADA (ÉDITIONS STANKÉ, MONTRÉAL, 2000)

 

HENRI BERGERON

PAR ISMÈNE TOUSSAINT, L'ENCYCLOPÉDIE DU CANADA (2000)1

Bergeron, Henri (1925-2000). Homme de médias, auteur. Fils d'un agriculteur et cheminot canadien-français et d'une Cévenole pieuse et dévouée, il naît à Saint-Lupicin (Manitoba), dans une minuscule maison de pionniers, et grandit au sein d'une famille de treize enfants. C'est au cours de sa scolarité au Collège des Jésuites (Saint-Boniface, même province), puis de ses études de droit à l'Université du Manitoba (Winnipeg), qu'il se découvre une passion pour le spectacle et la communication. En 1943, il fait ses débuts sur les planches du Cercle Molière, la plus vieille troupe de théâtre au Canada, où le rejoignent bientôt sa sœur Liliane (1928-), pionnière de la radio féminine, et son frère Léandre (1933-), futur docteur ès Lettres. Toutefois, il ne fera pas carrière dans ce domaine. L'année suivante, il épouse une infirmière, Yvonne Mercier (1923-)2, qui lui donnera cinq enfants.

Pionnier de la radio lui-même, il devient successivement annonceur au premier poste français de l'Ouest (CKSB, Saint-Boniface, 1946), animateur et directeur des émissions de CKCH-Hull (Québec, 1949-1952) et le premier animateur de langue française à la télévision canadienne (CBFT-Montréal, 1952), où son parfait bilinguisme fait merveille. Tout au long de son riche parcours – où il mène conjointement des activités d'animateur de galas, de présentateur à la radio, de narrateur à l'Office National du Film (ONF, Montréal) et de professeur de communication à l'Université de Montréal –, le succès de ses émissions ne se dément pas : L'Heure du Concert, Concert pour la Jeunesse (années 1960), Les Beaux Dimanches (années 1970-1980), pour ne citer que les plus célèbres.

Ardent défenseur de la qualité et de la pureté de la langue française, respecté par le public savant, adulé par le public populaire – que touchent sa simplicité et son optimisme jovial –, il achève sa carrière couvert d'honneurs et de récompenses, parmi lesquelles le Prix du Conseil de la vie française en Amérique (1963), l'Ordre du Canada (1978), l'Ordre des Francophones d'Amérique (1989), l'Ordre de la Pléiade (1994) et l'Ordre national du Québec (1995).

Par la suite, Henri Bergeron troque le micro contre la plume mais à travers ses nombreux ouvrages, l'on retrouve les qualités qui ont fait la gloire de l'homme de médias : rythme du conteur, sens du suspens, clarté et concision de la langue. Si ses mémoires, Un Bavard se tait pour écrire (1989) et Le Cœur de l'Arbre : Le bavard récidive (1995) nous entraînent du pied de la Montagne Pembina (Manitoba) au faîte de la tour de Radio-Canada, à Montréal, La Communication... c'est tout (1992) nous enseigne l'art du bien parler ; tandis que L'Amazone (1998), une biographie romanesque écrite en hommage à sa femme et aux pionniers de l'Ouest, nous fait partager la folle chevauchée d'une infirmière du XIXe siècle, partie accompagner un groupe de colons du Québec jusqu'au Manitoba. Un nouveau roman historique, Charlède, l’ermite de Montebello, devrait bientôt paraître3.

Article paru dans L'Encyclopédie du Canada 2000, Montréal, Éditions Stanké, 2000.

NOTES

1. Cet article a été repris en version bilingue dans Internet par Historica – L’Encyclopédie canadienne, Ottawa, 2004, http://www.encyclopedie-canadienne.ca ou http://www.thecanadianencyclopedia.com 

2. Elle est décédée en 2008.

3. Ce projet de publication sera abandonné après le décès de l'auteur.


 

 

 

© Ismène Toussaint  - L'Encyclopédie du Canada 2000 -

 

 


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