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ISMÈNE TOUSSAINT

DISCOURS DE RÉCEPTION DU PRIX ANDRÉ-LAURENDEAU À LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC À MONTRÉAL, LE 30 MAI 2002, PAR ISMÈNE TOUSSAINT

DISCOURS DE RÉCEPTION DU PRIX ANDRÉ-LAURENDEAU1 À LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC À MONTRÉAL, LE 30 MAI 2002

POUR L'ARTICLE « LA LITTÉRATURE D'EXPRESSION FRANÇAISE DANS L'OUEST CANADIEN - TROIS SIÈCLES D'ÉCRITURE » PARU DANS L'ENCYCLOPÉDIE DU CANADA 2000, AUX ÉDITIONS STANKÉ, ET DANS LA REVUE L'ACTION NATIONALE, EN JUIN 20012

PAR ISMÈNE TOUSSAINT

 
   

Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Il fait toujours plaisir de voir son travail reconnu, mais je m'empresse d'offrir cette distinction au nom prestigieux à mes  « pères », là-bas dans l'Ouest : Louis Riel, dont on oublie trop souvent l'écrivain qu'il fut ; Gabriel Dumont, chasseur de bisons, épistolier, ancien président des Territoires du Nord-Ouest, et quelques autres. Je m'empresse de l'offrir aussi à la communauté franco-manitobaine et métisse, qui a été informée cette semaine par les médias de Winnipeg et de Saint-Boniface de la mention dont vous m'honorez ce soir.

Je suis très sensible à l'accueil curieux, chaleureux et souvent généreux que, depuis 1999, année de mes débuts littéraires dans votre pays, la revue L'Action nationale, mais aussi de nombreux lecteurs, organismes et publications, font à mes ouvrages et articles, me confortant dans la certitude que le Québec s'ouvre un peu plus chaque jour à la réalité de ses lointains frères et sœurs de l'Ouest. 

Le modeste panorama que je vous offre ici de notre « petite grande » littérature de l'Ouest, pour reprendre une image chère à Victor Hugo, révèle un peu plus de trois siècles de trésors jaillis de l'imagination, de l'érudition, des joies et des souffrances des pionniers de la plume. Explorateurs, coureurs de bois, conteurs, missionnaires, martyrs, agriculteurs, enseignants, gens de théâtre et de médias, la liste est longue de ceux qui sont allés planter un peu de rêve et de merveilleux dans notre âpre terre manitobaine et, résistant à l'appel de cette séduisante sirène nommée  « assimilation », n'ont jamais cessé d'écrire et de témoigner en français. 

Merci à L'Action nationale, vieille revue de tradition et de qualité ouverte sur la francophonie de demain, d'avoir accueilli tous ces noms au cœur de ses pages. Merci à son directeur, M. Robert Laplante, et à son adjointe si serviable, Mme Laurence Lambert.

Merci à l'écrivain Paul-Émile Roy qui m'a permis de rejoindre les rangs de vos collaborateurs, ainsi qu'à M. Jean-Louis Morgan, auteur et conseiller littéraire aux Éditions Stanké, qui suit mon travail d'écriture depuis quatre ans.

Merci enfin à ceux qui sont venus soutenir ici, même d'Acadie, la littérature de l'Ouest. J'ose espérer que la lecture de cet article les incitera à exhumer de la mine, ou plutôt de la bibliothèque, ces diamants de prix qui brillent encore dans l'ombre.


M. André Laurendeau

NOTES

1. André Laurendeau (1912-1968). Journaliste-écrivain et homme politique québécois. Né à Montréal, il fonde le mouvement nationaliste des « Jeunes Canada » en 1933, tout en collaborant à la revue L'Action Nationale, qu'il dirigera de 1937 à 1943 et de 1949 à 1953. Après ses études en philosophie et en sciences sociales, il se lance en politique, s'élevant en 1942 contre la conscription au sein de la Ligue pour la défense du Canada, puis cofondant le Bloc Populaire, un parti de centre-gauche dont il devient le chef provincial au Québec ; enfin, exerçant les fonctions de député de 1944 à 1948. Successivement rédacteur en chef-adjoint et rédacteur en chef du quotidien Le Devoir (1947 et 1957), il se distingue par son opposition au Premier ministre provincial Maurice Duplessis (1890-1959), dont le règne fut qualifié de « grande noirceur », et par sa lutte pour l'affirmation nationale du Québec pendant la « Révolution Tranquille ». Parallèlement, de 1951 à 1953, il anime des émissions de radio et de télévision à Radio-Canada. De 1963 jusqu'à son décès, il copréside avec l'éducateur et administrateur Davidson Dunton (1912-1987) la Commission royale (fédérale) sur le bilinguisme et le biculturalisme. Passionné par les questions touchant à l'éducation et à la société, il a laissé un certain nombre d'ouvrages qui reflètent l'originalité de sa pensée, la pertinence de ses interrogations, la précision et le raffinement de son style : autant de qualités que l'on exige des lauréats du prix littéraire qui porte désormais son nom. Voici quelques-uns de ses titres : Alerte aux Canadiens français (1940), Nos écoles enseignent-elles la haine de l'anglais? (1940), La crise de la conscription (1942), Voyages au pays de l'enfance (1960), Une vie d'enfer (1965), Ces choses qui nous arrivent : chronique des années 1961-1966 (1970), Journal tenu pendant la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (1990).

2. Montréal, vol. 91, nº 6, juin 2001, p. 65-91. Cette étude est disponible dans l'espace central du présent site.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Ismène Toussaint - L'Action Nationale -


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